D’où vient ce terme ?

« Un esprit sain dans un corps sain » (JUVENAL, entre 90 et 127 ap. JC). Voici une phrase utilisée comme slogan dans beaucoup d’organismes sportifs ou dans des livres, que bon nombre de personnes prennent pour exemple dans leur mode de vie actuel. Au premier abord, décider de manger sainement semble être un choix de raison, logique et simplement bon pour notre santé. Il nous permettrait de nous éviter des carences, des excès et de prévenir certaines maladies liées à une mauvaise hygiène de vie ; des raisons bien lointaines d’un comportement alimentaire excessif et anormal. Il est vrai qu’il ne nous viendrait jamais à l’esprit d’incriminer une personne parce qu’elle a décidé d’éliminer les produits industriels et transformés de son alimentation afin de prendre soin de son corps et de sa santé. Cette façon de consommer semble même être bien perçue dans notre société, où le sport, l’envie d’un beau corps et d’être en bonne santé est prédominant.

Cependant, le terme orthorexie existe bel et bien ; il provient du grec « ortho » signifiant « correct », et « orexie » signifiant « appétit ». C’est en 1997 que le Docteur Steven BRATMAN fut le premier à employer le terme « orthorexia nervosa », souhaitant mettre en lumière un nouveau comportement alimentaire déviant totalement des habitudes traditionnelles. De nos jours, l’orthorexie est définie par un comportement alimentaire témoignant d’une focalisation excessive sur la nourriture dite « saine ». Les personnes dites orthorexiques se retrouvent angoissées à l’idée de manger de la nourriture qu’elles jugent mauvaises pour leur santé. De ce fait, il reviendrait à chacun de se faire sa propre opinion sur ce que nous considérons « sain » et « malsain ». Encore faudrait-il définir ces termes, car les avis divergent ; pour certaines personnes, un aliment malsain serait simplement le produit industriel transformé lorsque pour d’autres, il s’agirait d’aller jusqu’à ne pas consommer des fruits et légumes cueillis depuis plusieurs heures. Il s’agit donc d’un terme ambigu qui ne soit pas aussi universalisable que les autres. Également, une personne orthorexique n’a pas une perte ou une prise de poids significative ; la santé mentale est davantage entravée que la santé physique. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’orthorexie n’est pas considérée scientifiquement comme un trouble du comportement alimentaire (TCA) et que les statistiques et les études menées à son sujet sont très rares. Pour cause, nous décelons actuellement seulement 3% de la population, notamment les femmes, atteintes de ce comportement. Principalement, l’orthorexie est différenciée en ce qu’une personne se focalisera sur la qualité de l’aliment choisi, et non pas sur la quantité, contrairement aux troubles du comportement alimentaires reconnus tels que la boulimie, l’anorexie et l’hyperphagie.

Néanmoins, force est de constater que des personnes souffrent réellement de ce comportement ; besoin de contrôle permanant sur son alimentation, culpabilité, désocialisation complète…des symptômes étroitement corrélés avec les TCA. De ce fait, il est légitime de se questionner ; l’orthorexie, est-ce un réel trouble mental pathologique, ou une simple mode alimentaire et un phénomène de société ?

L’orthorexie : phénomène de société et mode alimentaire ?

Au fur et à mesure des années, le besoin de manger sainement est de plus en plus présent dans un grand nombre de foyers. L’observatoire société et consommation (Obsoco) mène la première étude des éthiques alimentaires ; 82% des Français ont le sentiment d’être plus attentifs à leur alimentation qu’il y a trois ans, plus particulièrement les femmes. Également, 70,2% recherchent des aliments plus sains qu’il y a quelques années, 11% déclarent être de plus en plus sensibilisés par une alimentation saine et 7% se sont totalement radicalisés, voulant manger bio, végétarien, de saison… Mais quelles en sont les réelles causes et d’où provient ce phénomène ?

Cela ne paraît plus si surprenant lorsque l’on constate les nombreuses études scientifiques menées en permanence au sujet de l’alimentation, le but étant de réussir à déceler quel aliment est finalement nocif pour notre santé, quels risques encoure-t-on si notre alimentation n’est pas saine, les dernières statistiques sur la santé… Nous sommes actuellement plus que jamais informés des risques à long terme d’une mauvaise hygiène de vie. Les scientifiques sont donc aussi les portes paroles du « manger sain » ; en premier lieu, bon nombre d’entre eux dénoncent les problèmes liés à obésité et au surpoids. Il s’agit de l’accumulation excessive de graisse venant entraver la santé. En effet, l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) déclare qu’en France, 6,5 millions de personnes sont considérées comme obèses, cette proportion étant passée de 8,5% en 1997 à 14,5% en 2009. Dans le monde, cela concerne 1,4 milliards de personnes, et nous devrions atteindre les 3,3 milliards d’ici vingt ans. C’est ainsi le cinquième facteur de risque de décès au niveau mondial chaque année. Des informations effrayantes lorsque l’on sait que le surpoids peut être la cause de maladies cardiovasculaires, de l’hypercholestérolémie ou du diabète de type II. De ce fait, pour prévenir cette prévalence, de plus en plus d’études dénoncent certains modes de vie alimentaires. Pour exemple précis, une étude menée par des chercheurs de l’INSERM met en évidence le lien entre les produits industriels ultra-transformés et le risque de cancer, expliquant ainsi que sur huit ans, 2 228 cas ont développé un cancer avec un ajout de 10% de produits industriels dans leur alimentation. Ces études étant de plus en plus précises, il n’est donc pas étonnant de voir des personnes changer totalement d’alimentation. Cependant, cet élan alimentaire provient-il uniquement de là ? En outre, les recherches scientifiques ont permis aux grands médias tels que la télévision et la radio d’avoir une influence bien plus concrète sur la population.

En 2001, le Ministère de la Santé met en place le PNNS (Programme National Nutrition Santé), ayant pour but d’améliorer la santé de la population française grâce à une bonne alimentation et à une activité physique. Il comptabilise quelques objectifs nutritionnels généraux ; par exemple, l’augmentation des fruits et légumes dans l’alimentation, la diminution de consommation annuelle d’alcool par habitant, la réduction des acides gras saturés et d’autres. Dans le PNNS 2 (entre 2006 et 2010), un programme de sensibilisation a été mis en place de manière obligatoire sur les publicités alimentaires dans les médias. Nous reconnaissons ici les phrases « pour votre santé, mangez au moins cinq fruits et légumes par jour », « pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé », etc. Sont également instaurés des engagements signés de la part des industriels de l’agroalimentaire afin d’améliorer la qualité nutritionnelle des produits ; réduction de sel, sucre et gras dans leurs produits, réduction des portions… Expliquant ainsi l’essor et le succès des nouveaux aliments que l’on retrouve dans le commerce ; produits bios, fruits et légumes de saison et sans pesticides, produits sans sucres ajoutés, aliments allégés, light voire zéro calories, produits « détox » …, qui nous incitent à manger « sainement ». Il est également intéressant de parler du phénomène des sports tendances et à la mode qui nécessitent une alimentation ultra-saine et encadrée, afin d’optimiser les performances sportives ou encore de se maintenir en bonne santé. En réalité, les personnes ayant une adhésion obsessionnelle à un régime « propre » et fondé sur une perception de « pureté » des aliments ont bien souvent aussi une pratique excessive de l’exercice physique. Selon elles, faire du sport à outrance permettrait de se débarrasser des mauvaises toxines du corps. Certains sports à visée esthétique comme le bodybuilding et la danse peuvent mener à des comportements excessifs de la nourriture, mais également, certains sportifs orthorexiques pratiquent de l’endurance (le marathon), les sports à catégorie de poids (judo, boxe…). Une mode alimentaire grandissante dont les réseaux sociaux en plein essor vont s’accaparer, afin d’être des porte-paroles davantage puissants.

Il est vrai que les réseaux sociaux contiennent de tout ; de bonnes informations comme parfois de moins bonnes. Ces personnes ne sont pas des scientifiques, toutefois, elles détiennent également la liberté d’expression. Les personnes appelées « orthorexiques » sont influençables lorsqu’il s’agit d’alimentation, et comment déceler le vrai du faux ? Qui a raison, qui a tord dans cette chasse aux mauvais aliments ? Il est difficile voire impossible de se faire son propre avis, définitif et arrêté, lorsque nous sommes submergés d’informations. Les réseaux sociaux sont un moyen de communication de masse, qui permettent de transmettre des informations rapidement et à tout moment, même infondées. Les comptes Instagram, les chaînes Youtube et même les blogs ont une influence au moins aussi grande que la télévision et les politiques. Ces dernières années, comme dit précédemment, la mode des sports-santé tel que le bodybuilding s’est répandue, encourageant ainsi le culte du corps parfait, l’esthétisme et la nourriture dite « saine ». Beaucoup de régimes tendances et santé sont également mis en avant ; « la chasse au gluten et au lactose », ces aliments étant accusés d’être la cause de ballonnements, d’asthénie et de douleurs articulaires. Nous pouvons aussi citer le véganisme (excluant tout produit animal), le régime sans sucres, le régime détox (excluant les aliments susceptibles de polluer le corps), et d’autres…. Les marques l’ont très bien compris, et envoient des messages subliminaux ; manger « sain » doit rimer avec « sans ».

Jusqu’alors, la peur de la nourriture malsaine semble être une réaction compréhensible et légitime dans le contexte alimentaire où nous vivons, et où chacun détient une théorie divergeant totalement de celle d’un autre. De plus, grand nombre de personnes ont été habitués, dès leur enfance, à des régimes alimentaires particuliers ; mise en garde des parents sur l’importante de la consommation de légumes quotidienne, par exemple. Nous aurions ainsi plutôt tendance à justifier les comportements alimentaires excessifs de certaines personnes et leur obsession nutritionnelle par l’influence gigantesque qu’ont les médias sur leurs prises de décisions alimentaires. Finalement, les industriels et les médias tirent profit de ce nouvel élan alimentaire, incitant la population à toujours manger plus sainement. Des incitations positives et plutôt bénéfiques pour la santé, au départ, qui expliquerait ce nouveau phénomène sociétal et cette mode alimentaire…

Néanmoins, ne serait-ce pas ici simplement des facteurs « sous-jacents » à cette obsession ? De ce fait, n’y a-t-il pas une limite au-delà de laquelle le besoin de manger « sainement » devient obsessionnel et donc pathologique ?

L’orthorexie : un réel trouble du comportement alimentaire

En réalité, il semble n’y avoir qu’un pas entre le comportement alimentaire sain et le comportement alimentaire pathologique. Le comportement alimentaire sain doit satisfaire sa triple fonction : biologique, affective et relationnelle (contribuant donc au maintien du bien-être physique, psychologique et social). En d’autres termes, un comportement alimentaire est sain lorsqu’il permet au corps de préserver son homéostasie grâce aux ressources énergétiques apportées et lorsque les sentiments de faim, de rassasiement et d’appétit ne sont pas entravées. Enfin, il doit répondre à une notion de plaisir, de lien social et d’émotion. A l’inverse, le comportement alimentaire pathologique ne satisfait pas les trois fonctions, faisant passer au premier plan la qualité nutritionnelle ou la quantité, et au second le plaisir.

Cependant, bien que le terme « orthorexie » ne soit pas reconnu officiellement dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (le DSM-5), il en partage un grand nombre de caractéristiques. Encore faut-il définir ce qu’est un TCA ; il s’agit de perturbations graves du comportement alimentaire, devenant anormal car il est différent des pratiques habituelles, mais surtout parce qu’il a des répercussions néfastes sur la santé physique et mentale de l’individu. Le TCA est le facteur primaire d’un comportement alimentaire pathologique.

Dans la partie précédente, nous avons énoncé les facteurs et les acteurs sous-jacents qui encouragent voire influencent certaines personnes à manger sainement et à fuir la nourriture dite « malsaine » … L’abondance des produits alimentaires, l’omniprésence de conseils et les théories hygiénistes ont une influence sur le développement de l’orthorexie pour les populations industrialisées… Mais comment évolue ce nouveau trouble ?

Quel est le réel mode de vie d’une personne considérée comme orthorexique ?  Comment se sent-elle mentalement et physiquement ? Il est essentiel de s’y intéresser, car notre comportement alimentaire est défini par notre rapport sensoriel, émotionnel et physique avec ce que l’on mange.

C’est ce qu’explique Renee McGregor, dans son livre intitulé « Orthorexie : quand manger sain devient obsessionnel ». Elle nous énonce les différents symptômes d’une personne orthorexique. Parmi eux, nous retrouvons en premier lieu le fait d’avancer des allergies alimentaires non diagnostiquées comme arguments pour éviter certains aliments : se fabriquer (ou plutôt se persuader) d’avoir une allergie ou une intolérance permet en réalité de « maintenir » les règles d’un trouble alimentaire, estimé être un mode de vie sain. La personne orthorexique montre aussi des signes tels que les TOC (les troubles obsessionnels compulsifs), se sent en quelques sortes supérieure aux personnes qui, elles, ne résistent pas à la nourriture « malsaine ». Cela implique également le refus de manger de la nourriture cuisinée par quelqu’un d’autre ou de manger au restaurant, perdant ainsi le contrôle sur la composition exacte du plat qu’il lui sera servi. Enfin, cette personne exprimera une culpabilité immense et un sentiment de honte si elle enfreint les règles du régime qu’elle s’était imposé. En parallèle, manger sainement lui provoque un sentiment de vertu et satisfaction immense. Un trouble ayant pour critères la dépression, les changements d’humeurs répétés, l’angoisse et la non-existence d’un quelconque lien social. Cela étant, quelle est l’essence-même de l’orthorexie ? L’obsession de s’améliorer soi-même, bien plus que d’atteindre le poids parfait comme c’est le cas pour d’autres troubles alimentaires tels que la boulimie et l’anorexie. Il ne s’agit pas ici d’une restriction, dont l’objectif est de brûler le plus de calories possibles… Le but que recherche une personne orthorexique, c’est de s’améliorer soi-même, en passant par l’amélioration de son mode de vie et de son alimentation, n’ayant pas conscience qu’il s’agit de l’inverse ; en étant dans un état de contrôle permanant, cette personne souffre et détériore son mode de vie car elle ne s’octroie plus d’activités et de lien social. (MCGREGOR, 2018).

Il faut également chercher plus loin que l’alimentation et le mode de vie d’une personne dite orthorexique à un instant T. Cette si faible estime de soi-même, ce besoin d’être parfait (à ses yeux, comme aux yeux des autres) et le sentiment de ne rien contrôler dans sa vie… d’où cela peut-il provenir ? Nous sommes tous et toutes confrontés au manque de pouvoir et de contrôle que nous pouvons avoir sur certains évènements qui nous arrivent dans notre vie ; parfois, il faut faire face au hasard et au destin. L’alimentation est ainsi l’une des seules choses sur laquelle nous avons l’entière liberté et le droit de contrôle total. Une personne orthorexique, par le biais de l’alimentation, répond à son besoin de contrôle et de réussite. Pensons à un enfant, qui refuserait catégoriquement de manger un légume vert parce que l’aspect, l’odeur ou le goût le repousse ; bien évidemment, ses parents s’empressent de le gronder, le punir voire le forcer à le manger, parce que c’est un aliment « sain », qui participe au bon équilibre de notre alimentation. Cette information est vraie, mais qu’en est-il de la liberté personnelle et du droit de l’enfant sur ce qu’il souhaite mettre dans sa bouche ? Notre rapport avec la nourriture se construit dès notre plus jeune âge, le moment du repas pendant l’enfance étant précurseur de beaucoup de troubles alimentaires à l’âge adulte. Le manque de confiance en soi et la faible estime que l’on porte sur soi-même peut également être une racine d’un traumatisme plus ancien et plus profond. Finalement, notre alimentation est le reflet de notre état de santé mentale ; une personne qui est en accord avec son alimentation et qui ne ressent aucune culpabilité lorsqu’elle se fait plaisir, parce qu’elle a conscience qu’elle ne développera pas une maladie pour autant, est une personne stable. Une personne orthorexique croit faire ce qu’il y a de mieux pour sa santé, en étant intimement convaincue qu’elle est en accord avec ses propres choix alimentaires… mais ça n’est pas réellement le cas. Il s’agit de sa réalité qui est altérée ; en adoptant un régime « parfait » et un mode de vie alimentaire « parfait », il émergerait une personne parfaite, tant sur le plan physique que mental. La peur ressentie lors de l’entrave à ce mode de vie est irrationnelle, mais paraît tout à fait rationnelle et logique pour une personne orthorexique. Lorsque nous sommes en bonne santé et bien dans notre peau, nous savons que cette perfection est utopique et qu’elle n’existe pas ; certaines personnes se réjouissent même de leurs petits malheurs, car ils nous permettent de trouver notre vie moins monotone.

Ainsi, le trouble de l’orthorexie est bien plus corrélé aux TCA reconnus qu’on ne le pense. Précisément, nous pouvons observer de nombreux points communs avec l’anorexie et les TOC ; ces trois troubles présentent des symptômes tels que l’anxiété, le perfectionnisme, les troubles de la mémoire et de la concentration et l’incapacité à éprouver de l’empathie. L’orthorexie et l’anorexie sont étroitement corrélées en ce qu’une personne orthorexique éprouvera de la culpabilité en cas d’entorse à ses règles alimentaires et est en perpétuelle quête de la perfection de soi.

Pourtant, ce ne sont pas les règles en elles-mêmes de son régime qui sont malsaines ; décider de manger plus de fruits et de légumes, de réduire le sucre, le sel et les matières grasses est une approche plutôt raisonnée. Nous sommes tous conscients que les produits industriels et transformés sont mauvais pour notre santé en excès ; nous l’avons tous entendu quelque part, même ceux qui en consomment chaque jour. Ce qui est malsain, c’est lorsqu’une personne perd toute objectivité et ne peut plus penser par elle-même, sous l’influence de médias, de « on dit », de « j’ai entendu que » et lorsque l’alimentation est reliée à la peur et à l’obligation.

Les complications de l’orthorexie dépendront de la sévérité de celle-ci et du régime alimentaire auquel la personne est contrainte. Dans les cas les moins sévères, l’orthorexie ne provoquerait pas de risques graves pour la santé. Dans le cas extrême, il existe « l’orthorexie nerveuse » ; les personnes peuvent atteindre le stade de malnutrition provoqué par des carences (en vitamines, minéraux et autres nutriments) pouvant affecter les muscles, dont le cœur, les os, le fonctionnement hormonal normal mais également le cerveau. Une perte de poids importante peut aussi être observée. Au-delà, l’orthorexie nerveuse peut provoquer, à terme, le décès. Cela étant dit, il est difficilement concevable de ne pas considérer l’orthorexie comme un trouble du comportement alimentaire au même titre que l’anorexie, la boulimie et l’hyperphagie.

Quelles solutions ?

Nous ne pouvons pas nier qu’il existe un stade avancé où le besoin sainement devient pathologique. A mon sens, il s’agit donc d’un réel TCA.

Puisque ce trouble n’est pas reconnu scientifiquement comme un TCA, il n’existe pas de traitement médicamenteux spécifique. La première chose à faire pour une personne pensant être atteinte d’orthorexie est de consulter des professionnels ; un psychiatre peut poser un diagnostic médical et prescrire des médicaments (comme pour les autres TCA), mais il peut également s’agir d’un psychologue ou d’un psychothérapeute, afin de retrouver la notion de plaisir en mangeant et ne plus être gouverné par son obsession. Dans un second temps, il est conseillé de consulter un diététicien. Cependant, le suivi médical ou diététique a une limite ; apprendre à se de déconnecter des réseaux sociaux et pratiquer le yoga par exemple est très recommandé pour ces personnes. De même, réussir à se forger un avis critique et un certain scepticisme concernant le surplus d’informations à notre disposition. Mais à long terme, une personne atteinte d’orthorexie doit surtout apprendre à s’aimer elle-même ; cela passe par l’acceptation de soi et l’acception de ne pas pouvoir être parfait dans notre vie comme dans notre alimentation.